L'ORGASME CUL-INAIRE EXISTE-T-IL ?

Sexe & nourriture - Partie 1

Il y a un lien évident entre le sexe et la nourriture. On peut même dire qu’il y a plusieurs liens, et des dizaines de pratiques selon les goûts et les envies. Si vous vous pensiez seul.e dans ce cas, détrompez-vous !

Les formes, les fluides, le toucher, les sensations de la nourriture sur la peau, sur la langue et le palais… il existe bel et bien un plaisir gustatif qui parfois peut provoquer des émotions si fortes qu’on les compare au plaisir sexuel.

L'orgasme cul-inaire !

Chocolat noir aphrodisiaque

Julia Sedefdjian, la plus jeune chefe étoilée de France dira que “l’un des points communs entre le plaisir gustatif et le plaisir sexuel doit être d’atteindre le septième ciel”. Et à raison, elle raconte avoir déjà vu des clients pleurer en dégustant un plat dans son restaurant. 

C’est assez étonnant et extraordinaire de comprendre que la nourriture et le sexe provoque une libération d’hormones similaires: la dopamine, l’endorphine, et l’ocytocine. Ce sont en fait les neurotransmetteurs du plaisir et du bien-être. Il existe donc bien un rapport charnel avec la nourriture, un rapport qui est selon la psychologue et sexologue Magalie Croset-Calisto est un rapport primitif et instinctif, associant la sensation de la faim à celle du désir. Elle dit que “l’émoi de la nourriture relève bien de l’orgasme culinaire. La manifestation physiologique qui déclenche une jouissance dont le point G se situe au niveau des papilles gustatives”

Notre plaisir gustatif nous est propre. C’est qu’en fait les aliments ont une histoire, ou du moins, ils font partis de notre histoire. C’est un peu comme la madeleine de Proust. Certains aliments, certains plats nous procurent une émotion particulière et instantanée de réconfort, puisqu’on associe volontier la nourriture à des souvenirs. 

L’érotisation de la nourriture

Les aliments aphrodisiaques, vous y croyiez vous ? Selon les aliments, on dit que certains sont magiques et nous donneraient des frissons: parmi les plus connus, le chocolat et la truffe. Ou plus globalement, des plats gras et/ou sucré qui activeraient en nous les circuits de la récompense. 

L’érotisation de la nourriture se joue dans l’émotion ! Selon Magalie Croset-Calisto, l’émotion est ce qui nous met à disposition du plaisir gustatif. Il faut ressentir et s’ouvrir aux émotions, à la délicatesse des saveurs et des textures. 

Il y a aussi le toucher ! Comme quoi tout nos sens peuvent être activés. Marie Victorine Manoa, une chefe cuisinière, dit que “le plaisir de manger prend en compte le toucher ce qui le rend très sensuel”

Mais donc, est-ce qu’il existe vraiment un orgasme culinaire ?

Note très chère Magalie, elle, y croit ! Elle a même écrit un livre qui parle de l’expérience de la lenteur, autant gustative que sexuelle. Elle y parle de “slow food” et de “slow sex”. Pour celleux que ça intéresse, c’est moins de stress grâce au sexe. “Ralentir et provoquer un état de “résonance” pour savourer au mieux les instants de plaisir.”

Pour d’autres, comme Catherine Blanc, sexologue et psychanalyste, l’orgame culinaire n’existe pas, puisque qu’elle définit l’orgasme comme étant le point ultime d’un plaisir. Et la nourriture ne permettrait pas un lâcher prise qui toucherait tout le corps.Elle écrit quand même que  “l’orgasme est l’expression d’une stimulation de terminaisons nerveuses mêlées d’une émotion particulière.” Selon elle, “la nourriture, à laquelle on associe volontier des souvenirs, si prêtes naturellement”. 

Elle va plus loin en disant que le plaisir de la nourriture est finalement une forme de masturbation parmi d’autres. C’est en fait un plaisir personnel, comme la masturbation ! Un “plaisir personnel érotisé et non un désir de sexualité à partager”. 

Des pratiques sexuels en tous genres !

Ce ne sont que des mots, mais ça montre bien que tout un univers autour de la relation entre sexe et nourriture existe et se développe de plus en plus !

  • La sitophilie: le fait d’aimer jouer avec la nourriure. C’est un fétichisme qui recoupe les pratiques sexuels en lien avec la nourriture. 
  • Le splotshing: une relation de domination / soumission  qui implique l’étalage de nourriture sur tout le corps de la.le dominé.e. 

 

Pour aller plus loin, le média Vice à fait une petite série de 5 documentaires qui s’appelle Sex + Food, disponible sur leur site ! Ca dure à chaque fois une quinzaine de minutes, en immersion totale dans la vie de différentes personnes. 

Un dernier petit point pour rappeler que se nourrir est un besoin vital, et que la nourriture est encore un luxe difficile à s’offrir pour une grande partie de la population. On fait attention avec le gaspillage, et on prend conscience de nos privilèges ! Thanks ! 

Position n°14 du kamasutra saphique

Des expressions oubliées ?

  • Être de la banane maudite : expression qui servait à désigner la communauté homosexuelle.
  • Offrir les pommes: proposer du sexe. 
  • Aller aux asperges: aller voir un.e travailleur.se.s du sexe.

 

Ces vieilles expressions montrent déjà le liens entre le sexe et la nourriture ! La nourriture était souvent perçue comme une porte à la luxure. Certains aliments étaient autrefois diabolisé, comme la viande, le carné, qui renvoyait à l’animal et donc à une certaine bestialité condamnée.

Sexe & nourriture, c’est à suivre…

Solène 

L'équipe de Sapphosutra

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